Un paysage photographié en plein soleil peut sembler difficile à récupérer : le contraste devient dur par endroits, tandis que d’autres zones paraissent complètement plates. Pourtant, Lightroom Classic permet de redonner de la profondeur et une direction claire à ce type d’image, à condition de travailler principalement avec les masques.
Dans un récent Tutorial Tuesday, Gareth Evans montre comment reprendre un paysage capturé en plein jour alors que le soleil est encore haut. L’image de départ est un JPEG, ce qui impose rapidement ses limites, mais la méthode permet de comprendre comment structurer la retouche.
Lightroom commence par le cadrage et les réglages globaux
La première étape consiste à recadrer l’image au format 16:9. Ce choix adapte la scène au format panoramique tout en conservant une ferme comme sujet principal et suffisamment de ciel pour préserver les nuages.
Avant de travailler localement, quelques ajustements globaux sont appliqués :
- une légère hausse du contraste ;
- une augmentation de la clarté pour récupérer du détail au premier plan ;
- un peu plus de vibrance ;
- une réduction légère des hautes lumières.
Ces modifications restent mesurées. L’essentiel de la construction de la lumière intervient ensuite avec les masques, plutôt qu’avec les curseurs globaux.
Les masques de Lightroom structurent la lumière
Un dégradé linéaire appliqué depuis le bas assombrit le premier plan et oriente le regard vers la partie supérieure du paysage. Des dégradés radiaux sont ensuite superposés au centre de la scène et autour de la ferme, afin de faire de cette zone le point le plus lumineux de l’image.
« La plupart de la lumière est façonnée avec des masques plutôt qu’avec des curseurs globaux », résume l’approche présentée par Gareth Evans.
Le ciel reçoit un traitement séparé. Un dégradé linéaire part du coin supérieur droit, puis est combiné avec une sélection du ciel et une plage de couleurs ciblant le bleu. Le réglage reste ainsi concentré dans le ciel, derrière les nuages, et renforce le contraste dans cette partie de l’image.
Un autre dégradé radial, réchauffé et associé à une déhaze négative, simule une lumière solaire qui se répand sur le paysage. Cette logique revient à utiliser les outils de Lightroom comme une forme d’esquive et de brûlage, mais avec des sélections locales.
Les sélections IA accélèrent le travail local
Les masques de Lightroom permettent d’isoler rapidement le ciel, le sujet et des plages de couleurs grâce à des sélections pilotées par l’IA. Dans ce cas précis, ces outils évitent de devoir effectuer manuellement chaque sélection avant de modifier les différentes zones de la photo.
Des presets adaptatifs de sujet et de paysage sont également appliqués. Leur intensité est ensuite ramenée à environ 67, afin que leur rendu ne prenne pas le dessus sur l’image.
La dernière passe s’effectue dans le mélangeur de couleurs : la luminance du ciel bleu est augmentée, tandis que sa saturation est légèrement réduite pour conserver une couleur riche sans accentuer sa dégradation.
| Étape | Outil utilisé | Effet recherché |
|---|---|---|
| Cadrage | Recadrage 16:9 | Donner davantage de place à la ferme et au ciel |
| Premier plan | Dégradé linéaire | Assombrir le bas de l’image et guider le regard |
| Ferme | Dégradé radial | Faire du sujet le point le plus lumineux |
| Ciel | Dégradé, sélection du ciel et plage de bleus | Renforcer le contraste derrière les nuages |
| Finition | Mélangeur de couleurs | Augmenter la luminance du bleu et réduire légèrement sa saturation |
Points forts
- Les masques isolent rapidement le ciel, le sujet et les couleurs.
- Le dégradé inférieur permet de guider le regard vers le haut.
- Les dégradés radiaux donnent davantage d’importance à la ferme.
- Les presets adaptatifs prennent en compte le contenu du paysage et du sujet.
Points faibles
- Le fichier JPEG commence à se dégrader lorsque les ajustements s’accumulent.
- Le ciel bleu est particulièrement exposé à cette dégradation.
- La scène originale combine des zones de contraste dur et des étendues plates, ce qui rend la retouche nécessairement sélective.
RAW ou JPEG : une différence visible
Le tutoriel souligne surtout la limite du JPEG dans ce type de traitement. À mesure que les ajustements se multiplient, l’image commence à se dégrader, notamment dans le ciel bleu. Selon cette démonstration, un fichier RAW supporterait le même travail avec davantage de latitude qu’un JPEG.
Pour une prise de vue réalisée sous un soleil intense et destinée à être fortement retravaillée ensuite, le RAW laisse donc plus de marge pour déplacer l’exposition et le contraste.
Verdict
Cette méthode Lightroom repose moins sur une accumulation de réglages que sur une répartition précise de la lumière. Les masques, les dégradés et les sélections IA permettent de transformer un paysage plat et contrasté en guidant progressivement le regard vers la ferme. La principale limite vient du JPEG, qui montre rapidement ses faiblesses dès que la retouche devient poussée.
